Prix de l'Éducation nationale 2007
 

 

Histoire d’un avortement clandestin dans la Roumanie de Ceaucescu. Un jour et une nuit dans la vie de deux adolescentes perdues entre panique et détermination face à la menace d’un régime autoritaire et corrompu.

Un pur et dur film d’auteur.

Un sujet grave, un traitement direct, un regard engagé. Cristian Mungiu l’a dit, clairement : il est pour la liberté de la femme mais contre l’avortement tardif.
Il montre pourquoi et l’image est difficile.
Il va falloir en parler, c’est notre métier.
Il va falloir parler aussi de ce monde traqué et combinard des années Ceausescu, de la politique de natalité, de la dégradation de l’humain pris au piège des dictatures, de l’histoire fractionnée de l’Europe.
Dire aussi qu’au cœur de la nuit résistent l’amitié et l’amour : espoir ?
Affirmer enfin que tout cela peut faire œuvre et que l’œuvre nous aide à mettre l’infamie à distance.
Un scénario serré, tendu. Une image sombre, une lumière dure. Des plans frontaux.
Une direction d’acteurs sobre et juste. Unité de ton, unité de fond.
Grande harmonie cinématographique.

Tel est « 4 mois, 3 semaines et 2 jours » Prix de l’Education Nationale et Palme d’or 2007.
Disons le avec fierté pour éviter les petits mots qui blessent : notre jury, comme en 2004 pour Elephant de Gus Van Sant, n’a pas suivi mais précédé le verdict cannois.
La vertu de l’art est d’agiter l’esprit. La vertu de la pédagogie est de donner un sens à cette agitation. Voici un film pour nous.
Notre travail commence.

Christine Juppé-Leblond
Inspectrice Générale de l’Education Nationale, chargée du cinéma et de l’audiovisuel